Mistral va créer un centre de calcul de 23 mégawatts à Borlänge, en Suède, avec ses équipes françaises et suédoises. La start-up vise à franchir le cap du milliard d’euros de revenus cette année grâce à cette nouvelle infrastructure.

Mistral semble n'avoir qu'une idée en tête désormais : battre pavillon européen. L'éditeur à l'origine du Chat Mistral a décidé de créer un centre de calcul à Borlänge, en Suède, pour renforcer ses capacités techniques et préparer ses clients européens.
L’entreprise mobilisera ses équipes françaises et suédoises dès 2027, tandis que ses modèles open source continueront d’être entraînés sur le site français. Le projet participe à l’ambition de dépasser le milliard d’euros de revenus cette année, après une levée record de 1,7 millards fin 2025.
Une infrastructure stratégique en Suède pour soutenir le développement
Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix ont confirmé la mise en chantier d’un site à Borlänge, dans le nord de la Suède. Le chantier démarrera en 2027 et mobilisera les équipes d’ingénieurs pour installer 23 mégawatts de puissance de calcul, en collaboration avec EcoDataCenter. Tandis que certains ingénieurs testent la montée en charge, les équipes techniques supervisent le refroidissement par énergies renouvelables et l’alimentation électrique. Les serveurs dédiés aux clients européens seront accessibles dès la mise en service, avec des horaires adaptés aux besoins spécifiques de chaque entreprise.
Selon la directrice des affaires publiques de Mistral, Audrey Herblin-Stoop, le centre accompagnera la location de capacités de calcul, et permettra en même temps à l'entreprise de continuer à entraîner ses modèles open source. Les collaborateurs ajusteront les plannings pour coordonner livraison et installation, et Arthur Mensch prévoit de suivre chaque étape mois par mois. Guillaume Lample et ses équipes réfléchissent à divers fournisseurs de puces pour sécuriser l’approvisionnement, mais comptent sur les dernières puces Nvidia Vera Rubin.
La start-up tricolore déploie simultanément 40 mégawatts supplémentaires en France. Les équipes françaises testent actuellement les serveurs et assurent la continuité des services auprès des clients existants. Pour ce faire, des protocoles d’exploitation stricts encadrent la montée en puissance, tandis que les salariés documentent chaque opération et supervisent le déploiement des modèles génératifs.

Mistral se déploie en Europe et anticipes les besoins industriels
Les grandes entreprises européennes, comme CMA CGM, HSBC ou SAP, s’apprêtent à exploiter les nouvelles capacités du centre suédois. Les équipes commerciales de Mistral organisent les contrats pour permettre aux clients de réserver les serveurs selon leurs projets. Les ingénieurs adaptent les installations aux usages spécifiques de la finance, de la logistique et de l’industrie, en suivant les contraintes réglementaires locales.
Les 550 salariés de Mistral vont répartir leurs missions entre Paris et Borlänge. Certains s’installent dans l’immeuble Marcadet Belvédère pour gérer les opérations quotidiennes et assurer le support client. D’autres se concentrent sur l’installation et la maintenance des serveurs, testent la performance des puces et documentent l’ensemble des process. Parallèlement, les responsables des contrats ajustent les horaires d’accès des clients et planifient les interventions techniques en fonction des besoins.
Audrey Herblin-Stoop rappelle que le projet répond aux demandes concrètes des entreprises en matière de contrôle et d’accès aux infrastructures. Les équipes techniques examinent les capacités disponibles et coordonnent la montée en charge, tandis que les directions juridiques veillent à ce que les installations respectent les exigences locales. Arthur Mensch et ses associés prévoient également des ajustements pour élargir progressivement la disponibilité et accueillir de nouveaux clients européens.
L’investissement suédois complète l’infrastructure française et permet de doubler presque la puissance de calcul actuelle. Les ingénieurs d’EcoDataCenter interviennent sur l’alimentation et le refroidissement, tandis que les équipes de Mistral orchestrent l’assemblage, le paramétrage et les tests. Les recrutements se concentrent sur les profils capables de maintenir et de superviser ces infrastructures complexes, et les équipes expérimentées encadrent les nouveaux arrivants pour garantir une expertise homogène.
Source : Les Echos (accès payant)